histoire du portage

Porter son enfant se pratique depuis la nuit des temps. Dès la préhistoire, les PETITS d’homme sont constamment portés, seule solution pour les parents de les protéger des prédateurs qui rôdent et d’une mort certaine… Nous avons gardé cette peur ancestrale et ce besoin physiologique de contact parents / bébé dans notre mémoire cellulaire.

histoire du portage

De plus, l’être humain fait partie de la famille des primates. A la différence des kangourous, qui transportent leurs petits encore immatures dans leur poche, les primates les transportent sur leur corps. Les bébés s’accrochent aux poils de la mère. Mais, s’il nous reste quelques poils, ils ne sont plus assez longs d’une part pour qu’un bébé s’y accroche, et d’autre part, nous vivons habillés, les poils n’étant de toute façon non accessibles.

C’est là qu’interviennent les systèmes de portages, invention ancestrale. Que les porte-bébés soient chinois, laotien, africain, en tissus, bambous, ou autres, leur application est la même : garder le bébé et le parent en contact étroit pour assurer un développement harmonieux de l’enfant, et du lien d’attachement entre le petit et ses parents.

Dans nos sociétés dites occidentales, nous avons un temps perdu cette façon naturelle de porter.

C'est dans les années 70 que le professeur Hassenstein introduit le terme de «primate porté» dans la biologie comportementale. A la fin de cette décennie, la méthode kangourou apparaît. C’est une technique visant à faire face au manque de matériel en Colombie. Elle consiste à garder un bébé prématuré contre le corps de sa mère ou de son père. Elle a, entre autre, diminué le risque d’infections, les abandons des enfants ayant besoin de soin coûteux,…

Dans les années quatre-vingt, l’allaitement (lui aussi tombé en désuétude) et le portage reviennent principalement dans les milieux dit «alternatifs». Et nous voyons la méthode kangourou dépasser l’Atlantique pour venir en Europe (mais elle n’est pas utilisée de façon identique dans chaque pays et peut être très largement adaptée comme en France par exemple).

Dans les années quatre-vingt-dix, le portage est de plus en plus pratiqué et intéresse les professionnels.

Enfin, au début de notre siècle, le portage se généralise et nous croisons dans les rues de plus en plus de bébés portés dans des systèmes physiologiques.

bienfaits du portage

Outre le bonheur procuré par le portage de son enfant, nombreux sont les avantages liés à ce partage.

puce L’enfant est rassuré tout contre sa mère ou son père. Il bénéficie des balancements naturels du corps et retrouve, avec les sons (battements du cœur, voix,...) et les odeurs de sa maman, le monde qu’il connaissait in utéro. L’éveil au monde est naturel. L’enfant grandit au rythme des mouvements de ses parents. Porté par leurs vies, il apprend et emmagasine ce qu’il devrait être/faire plus tard.

puce Cela lui permet d’être plus calme (le bambin porté pleure moins que celui qui est posé), d’être moins dans la douleur (le portage avec un outil physiologique permettant de calmer les coliques), de dormir paisiblement, tout en participant à la vie de la maisonnée. Une étude parue dans Pediatrics en 1996, met en évidence une réduction des pleurs et des agitations chez presque la moitié des enfants observés (43% le jour et 51% la nuit ).

puce Pour le parent, c’est bénéficier d’une grande liberté tout en ayant son petit à portée de bisous et en créant un lien d’attachement plus intense, plus rapide avec son bébé. Une expérience commencée en 1978 et finie 13 mois plus tard (racontée dans le Lancet), a démontré que 83% des bébés portés se sentaient en sécurité contre 38% des bébés non portés. Les mères se sentent moins anxieuses et décryptent plus facilement les pleurs et demandes de leur enfant. Porter son bébé, c’est pouvoir partager à foison avec lui des regards, des paroles, des moments, et développer une complicité plus simple.

puce Le portage stimule aussi le système vestibulaire (organe de l’équilibre) de l’enfant et permet un développement psychomoteur rapide et harmonieux. Il intervient, entre autres, dans la prévention des luxations de la hanche (les pays adeptes du portage physiologique voient leurs cas considérablement diminués, voir quasiment inexistants), diminution des cas de plagéocéphalie (ou plus communément crâne plat) et permet une acquisition moyenne de la marche plus précoce.

puce Ces avantages sont très nettement perceptibles chez les prématurés, chez qui beaucoup d’études sont faites (notamment en Colombie avec les unités « kangourou »). Nous constatons chez eux un sommeil plus profond, des pleurs plus rares, l’allaitement facilité, une prise de poids plus rapide, une facilité de stabiliser les fonctions vitales comme la température,…

puce Les choix de portage sont multiples et souvent complémentaires. Ils sont peu onéreux par rapport à la panoplie complète poussette-landeau et prennent beaucoup moins de place.

portage bébé

Attention toutefois à choisir un système de portage physiologique, qui respecte votre bébé et vous-même. Les porte-bébé dits kangourou, par exemple, que l’on trouve dans tous les rayons puériculture, y sont à l’antipode. Ils s’avèrent très inconfortables pour l’adulte qui va porter. Le poids inégalement réparti peut infliger des douleurs dans le dos, les cervicales,… Les bébés semblent pendre dans ces systèmes, ils sont portés très bas, le bassin n’est pas basculé, ce qui s’avère dangereux notamment pour les parties génitales des petits garçons, appuyés dessus.

Ces porte-bébé ne permettent pas au dos de votre petit de se dérouler progressivement, en lui imposant une position droite, ce qui peut entrainer des problèmes dorsaux dans sa vie future. En effet, après neuf mois en boule dans le giron de sa mère, le petit étirera au cours de la première année sa colonne vertébrale, pour arriver à une posture bien droite.

Autre désavantage, ces porte-bébé kangourou ne permettent un portage que très court, jusqu’à un an pour certains, par la suite, il vous faudra passer à un porte-bébé dorsal avec armature en fer, qui pèse dans les 3kg.

Autant de bonnes raisons de choisir de porter son petit contre soi, avec un outil physiologique.

Liens :

puce Association Porter son bébé
puce Association Peau à peau

Livres :

Porter Bébé, de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau aux éditions Jouvence
Peau à Peau, de Ingrid van den Peereboom aux éditions Jouvence
L’art de porter bébé, de Manuelle Favreau, aux éditions La Plage.